15 ans de veille pour l’Observatoire de l’habitat

18 Octobre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Julien Licheron coordonne l’Observatoire de l’habitat depuis 2010.
Julien Licheron coordonne l’Observatoire de l’habitat depuis 2010.
(Photo: Mike Zenari / archives)

L’Observatoire de l’habitat est né il y a 15 ans pour fournir des données plus pointues sur le marché de l’immobilier. Pour son anniversaire, il s’offre de nouveaux indicateurs économiques pour mieux contrôler les prix, le surpeuplement et la sous-occupation.

L’Observatoire de l’habitat fête ses 15 ans ce jeudi. L’outil d’analyse du secteur du logement et du foncier a permis, depuis, d’obtenir une vision plus claire de la situation, alors que les prix n’en finissent pas de flamber.

En 2003, c’est le Parlement national qui a souhaité la mise en place d’un observatoire afin de disposer de données plus précises sur le secteur. «À cette époque, il y avait un manque d’informations fiables sur l’immobilier et le foncier, ça manquait de transparence», explique Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire depuis 2010.

Alors que les prix de l’immobilier connaissaient déjà de fortes poussées de fièvre depuis les années 1970, et surtout les années 1990, il n’existait aucun recensement des terrains disponibles à la construction, et les informations sur les prix de vente de bâtiments provenaient uniquement des agences immobilières.

Il y avait un manque d’informations fiables sur l’immobilier et le foncier.

Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire de l’habitat

L’Observatoire, directement rattaché au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser), a donc fourni ses premières statistiques dès 2004, notamment au ministère du Logement. Mais il a fallu attendre 2009 pour obtenir des données vraiment précises. «Nous avons alors eu accès à diverses sources, comme les actes notariés et l’accès au cadastre vertical, qui tient le registre des copropriétés et offre donc beaucoup de données sur le parc des appartements», poursuit Julien Licheron. Mais uniquement sur les appartements…

L’Observatoire travaille donc aussi main dans la main avec le Statec, l’organisme responsable des statistiques pour le pays, pour une meilleure connaissance du parc global. L’Observatoire de l’habitat se charge de répertorier les terrains à bâtir, et le Statec affine les statistiques sur les maisons.

«Nous avons aussi d’autres missions, comme l’analyse de l’utilisation du foncier», poursuit le responsable de l’Observatoire. «Nous essayons de savoir combien de terrains sont disponibles, comment ils sont consommés, ainsi que la densité de la construction. Cela nous permet de recenser, tous les trois ans, les stocks (surfaces disponibles à la construction) et les flux.»

Enfin, il mène également des enquêtes plus ponctuelles sur le lien entre les ménages et l’immobilier. Bref, du pain sur la planche pour une équipe qui compte huit personnes à temps partiel, mais tout d’abord rattachée au Liser.

Cinq indicateurs économiques

À l’occasion de ses 15 ans, l’Observatoire de l’habitat s’offre aussi cinq nouveaux indicateurs socio-économiques pour affiner ses recherches. Trois concernent les différences et les évolutions de prix sur le territoire: le prix de vente des maisons, le prix de vente des appartements, et les montants des loyers. «L’intérêt est d’obtenir désormais une dimension temporelle sur près de 10 ans», note Julien Licheron.

Les deux autres indicateurs concernent le surpeuplement et la sous-occupation des logements. L’objectif est de pouvoir informer le public sur ces deux problèmes, même si la société civile et le monde politique ont déjà pris quelques mesures pour apporter des solutions.

«Le surpeuplement est clairement un signe par rapport au niveau des loyers, alors que l’état de la sous-occupation des bâtiments donne des pistes pour des solutions telles que la sous-location ou la division des logements en appartement, voire la création de projets d’habitations intergénérationnelles», note encore le coordinateur de l’Observatoire.

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