100,7, «politiquement indépendante»

04 Septembre 2017 Par François Aulner
Laurent Loschetter
Le nouveau président de 100,7, Laurent Loschetter, répondait sur 100,7 aux critiques quant à sa nomination.
(Photo: radio 100.7 / Gilles Wunsch)

Le nouveau président de la radio de service public, Laurent Loschetter, défendait sa nomination ce lundi matin sur les ondes de 100,7.

«J’aime croire que j’ai été nommé pour mes compétences»: l’entrepreneur Laurent Loschetter réagissait ce lundi sur les ondes de la radio de service public, qu’il présidera pour quatre ans au minimum, aux diverses critiques quant à sa nomination par le Premier ministre et ministre des Communications et des Médias, Xavier Bettel (DP), vendredi dernier.

Le nouveau président de 100,7 admettait au micro de la journaliste Mick Entringer que Xavier Bettel et lui sont «amis depuis le lycée», mais que ce n’est pas pour cette raison qu’il estime avoir été nommé. Quant au fait qu’il est le frère de la présidente de fraction de Déi Gréng, Viviane Loschetter, le nouveau président répondait: «Le Luxembourg est un petit pays.»

Tandis que le rédacteur en chef du Luxemburger Wort, Jean-Lou Siweck, estimait vendredi que, lors de la nomination d’un président de la radio publique, il faut veiller à éviter tout éventuel soupçon d’intérêts politiques ou commerciaux, Laurent Loschetter répondait qu’il faudrait interroger le ministre à ce sujet. Mick Entringer rappelant que le premier président de la radio 100,7 était le juge Pierre Gehlen, Laurent Loschetter rétorquait que son prédécesseur, Françoise Poos, n’était pas juge.

Interrogé ensuite au sujet d’un éventuel conflit d’intérêts à cause de ses autres activités, comme celles de membre du conseil d’administration du Mudam ou de directeur de l’entreprise de promotion de concerts den Atelier, Laurent Loschetter a répondu: «L’idée n’est pas que nous imposions la musique que den Atelier promeut.» Et de poursuivre: «C’est quand même un peu ridicule. Je ne me vois pas dire à Mike Tock de jouer du Bruno Mars.»

«Plus des moyens» pour une «valeur unique»?

Laurent Loschetter résume ainsi ses objectifs en tant que nouveau président de la radio de service public: évaluer les besoins de la radio pour bien fonctionner, d’une part, et, d’autre part, vérifier si elle fonctionne «dans les clous». En d’autres termes, si elle respecte la loi sur les médias électroniques datant, en ce qui concerne la mission de la radio, de 1992.

Laurent Loschetter a assuré que Xavier Bettel lui aurait dit qu’à son avis, la radio 100,7, qui dispose actuellement d’un budget de 6 millions d’euros par an, devrait éventuellement avoir plus de moyens. «Ma mission sera justement d’analyser où des moyens supplémentaires devraient aller», estime le nouveau président du conseil d’administration, qui a aussi réagi à un article de la journaliste Josée Hansen dans le Lëtzebuerger Land. Cette dernière estime que la nomination de Laurent Loschetter serait «un geste hostile» envers 100,7, et qu’il «compte pour un homme d’affaires remuant, qui n’a pas peur de retrousser ses manches pour adapter des structures publiques à une logique purement privée, même au prix de licenciements».

L’intéressé répondait ce lundi que Josée Hansen serait une bonne amie, mais que «malheureusement», elle et le journal d’Land s’acharneraient pour critiquer, mais ne donneraient jamais une chance pour que quelque chose «puisse peut-être aller mieux». Josée Hansen et le Land seraient devenus «un Gaston Vogel de la scène culturelle».

Laurent Loschetter a ajouté qu’à ses yeux, la radio 100,7 représente «une valeur unique en pouvant donner à la population luxembourgeoise cet autre angle de vue sur tous les sujets et sur la musique». Mick Entringer d’ajouter: «Et parce qu’il est politiquement indépendant…», à quoi Laurent Loschetter répondait: «Absolument!»

Polémique

La nomination de Laurent Loschetter avait aussi déclenché une polémique sur les réseaux sociaux ce week-end. Le député européen du CSV, Frank Engel, s’est attiré les foudres du DP en comparant la méthode du gouvernement actuel avec celle des nazis lors de l’occupation du Grand-Duché pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

«Depuis sa prise de fonction, le gouvernement actuel a procédé à la plus grande purge dans le service public depuis l’administration civile - et je pèse mes mots», estimait Frank Engel. Et de poursuivre en affirmant que si son parti avait osé agir ainsi, il aurait été «lapidé» sur la place publique.

Des propos choquants, selon le DP, qui rappellent que le parti libéral était né en 1955 à partir du groupement patriotique, un groupe formé par des membres de la résistance et des rescapés de la Grande Guerre. Par ailleurs, les libéraux rappellent que le gouvernement actuel se tenait à la loi qui «a la signature du CSV».

La ministre et présidente du DP, Corinne Cahen, est allée plus loin sur son profil Facebook en rappelant de nombreux postes attribués à l’époque du gouvernement CSV-LSAP à des proches du CSV. Tandis que le DP demande au CSV de se «distancer» des déclarations de Frank Engel, Corinne Cahen demande «sa démission».

Le président du CSV, Marc Spautz, a pour sa part indiqué à nos confrères du Tageblatt, ce lundi, que Frank Engel aurait «un peu mal choisi ses mots».

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