Deloitte dévoile son rapport Global Human Capital Trends 2018

09 Mai 2018
Basil Sommerfeld
(Photo: Deloitte)

Les sociétés font face à une pénurie de certaines compétences, à des collaborateurs qui se font davantage entendre et se sentent plus libres d’agir et à des appels à l’action dans le domaine sociétal, alors que près des trois quarts des responsables estiment que l'intelligence artificielle constitue un enjeu majeur.

Luxembourg, le 02 mai 2018: Dans un contexte de préoccupations relatives à l’automatisation, aux besoins de nouvelles compétences, au vieillissement de la main d’œuvre et au resserrement des marchés du travail, la question décisive pour les entreprises en 2018 est la nécessité pour les équipes dirigeantes de se concentrer sur l’évolution du rôle de l’entreprise dans la société actuelle. Dans son rapport RH 2018, «The Rise of the Social Enterprise», Deloitte examine les attentes des employés et la rapidité déconcertante avec laquelle la technologie détermine les priorités des sociétés en termes de ressources humaines.

Fort de la participation de plus de 11.000 DRH et dirigeants, le rapport Deloitte sur les Tendances RH de cette année constitue la plus grande étude longitudinale de ce type. Les personnes interrogées ont très largement souligné la nécessité d’une direction symphonique, basée sur une approche d’équipe et interdisciplinaire des questions complexes, tendance jugée importante ou très importante par 85 % d’entre elles. Les résultats de l’étude suggèrent que les sociétés dont les dirigeants collaborent régulièrement ont 33 % plus de chances de dégager une croissance supérieure ou égale à 10 % que celles dont la direction fonctionne en silos. 

Vers une entreprise sociale

Une transparence accrue et une plus grande conscience politique ont attiré l’attention sur le rôle de l’entreprise en tant que moteur de la transformation sociétale. Les entreprises estiment qu’elles sont de plus en plus appelées à exercer leur capacité d’agir pour le bien social, tant en externe vis-à-vis des clients, des communautés et de la société, qu’en interne vis-à-vis de leurs employés. Les vraies entreprises sociales doivent adopter une approche globale des parties prenantes vis-à-vis des questions publiques urgentes afin de préserver leur réputation et leur pertinence.

«L’environnement externe et interne revêtent la même importance en termes de comportement social de l’entreprise. Les sociétés doivent écouter attentivement leurs partenaires commerciaux et leurs clients, mais aussi tous les acteurs de la société qu’elles influencent et qui les influencent »,explique Basil Sommerfeld, Partner et Leader of Operations Excellence & Human Capital chez Deloitte Luxembourg. «Elles doivent également investir dans l’écosystème social au sens large, en commençant par leurs propres salariés, et gérer activement leur position dans cet écosystème en dialoguant avec les parties prenantes et en déterminant et entretenant stratégiquement les relations qu’elles souhaitent avoir avec chacune d’entre elles.» 

De nouveaux plans de carrière

L’an passé, les entreprises se sont particulièrement concentrées sur l’impact des changements d’emploi induits par l’automatisation sur les individus. L’étude de Deloitte indique que plus de quatre sociétés sur dix estiment que l’automatisation aura un impact majeur sur l’emploi et 61% d’entre elles repensent actuellement les emplois en fonction de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique.

Dans ce contexte, les sociétés et les individus réalisent que le plan de carrière traditionnel est en train de disparaitre. 47% des personnes interrogées estiment que la création de nouveaux plans de carrière et de nouvelles compétences est très importante. Plus de 54% d’entre elles n’ont pas encore mis en place de programmes de création des compétences de demain et 18% seulement estiment offrir à leurs salariés des possibilités de développement personnel.

Tirer profit de la technologie

Parce que le déploiement de l’IA, de la robotique, de l’automatisation et de l’analyse des RH ne donne aucun signe d’essoufflement, les sociétés rapprochent la demande de compétences et la nécessité d'une plus grande productivité.Alors que 72 % des personnes interrogées considèrent que ce domaine est important, seulement 30% d’entre elles se sentent prêtes à y faire face.

Selon Stephan Tilquin, Talent Leader chez Deloitte Luxembourg «L’automatisation va se poursuivre et apporter des améliorations en termes d’échelle, de vitesse et de qualité. Mais il est important de se rappeler que si les tâches de routine vont être automatisées, on va voir apparaitre de nouveaux emplois, plus orientés vers le service, faisant appel aux compétences d’interprétation et sociales et plus généralement aux qualités humaines fondamentales. Seules les sociétés qui repensent le travail pour tirer parti de ces compétences pourront rester en tête et devancer leurs concurrentes.» 

L’étude complète est disponible sur: www.deloitte.com/lu/hc-trends-2018

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