Cycle 1 Le bonheur au travail: mythe ou réalité?

11 Juin 2018 Par POG
(Crédit Photo : POG)

Se sentir bien dans son entreprise, être épanoui et aimer son travail, le rêve de tout salarié et de tout employeur à la recherche de collaborateurs engagés et motivés. Or, on entend de plus en plus parler de risques psycho-sociaux et de cas de burn-out, voire bore-out. L’entreprise se dessine comme lieu de stress et de tension contribuant au mal-être des salariés.

Le bonheur au travail ne serait-il qu’un mythe ou une prise de conscience et un changement sont-ils en train de s’opérer?

En collaboration avec le POG, IMS Luxembourg organise un cycle de 3 conférences afin d’aborder les risques psycho-sociaux à l’origine de ce mal-être, mais aussi afin d’approfondir les réflexions sur des solutions, telles que le management de la confiance et le droit à la déconnexion.

En remettant en question certaines pratiques et l’organisation du travail, pourrait-on aboutir à un réel bonheur au travail?

La première conférence a eu lieu le 28 mai dernier, et avait pour thème «Risques psycho-sociaux, du diagnostic à la prévention». Un vaste débat, modéré par Virginie Stevens (Pétillances), et auquel ont pris part Stéphanie Deitz-Moulin (ING), Julien Bossu (CDCL), le Dr Jean-Marc Cloos (Hôpitaux Robert Schuman), le Dr Patrizia Thiry (Médecine du Travail) et David Büchel (Chambre des Salariés).

En 2017, 200 personnes ont été diagnostiquées en état de burn-out au Luxembourg. Le burn-out, est une notion connue de tous et pourtant, ce mal reste encore assez tabou. Le burn-out est loin d’être anodin puisque son coût représente 50 à 60% des jours de travail perdus. «On doit faire face à une porosité des frontières plus importante entre le professionnel et le personnel», souligne David Büchel. «L’augmentation de l’absentéisme et les signes d’addictions sont généralement les premiers symptômes sérieux. Il faut alors commencer à se poser des questions et envisager une aide via un premier diagnostic», insiste Dr Thiry.

Mais le mal le plus dangereux, car invisible aux yeux des employeurs, est le présentéisme. «Les collaborateurs ont une baisse sérieuse dans la qualité de leur travail», précise le Dr Cloos. «Ils mettent alors ça sur le fait d’un stress ou d’une fatigue passagère. Malheureusement, le burn-out est peut-être en train de s’installer à leur insu. Un temps précieux perdu pour mettre en place une bonne thérapie.»

Ainsi, même si DRH et managers ne sont pas seuls responsables du bonheur des salariés, ils doivent cultiver un environnement de bien-être favorisant une bonne santé mentale. Les recettes sont simples au quotidien et doivent replacer l’humain au cœur des organisations: stimuler l’estime de soi, privilégier l’autonomie dans le travail et garantir le respect des différences. Les collaborateurs doivent également prendre soin d’eux-mêmes en communicant explicitement s’ils sont confrontés à un stress croissant. Afin de libérer la parole parmi les collaborateurs et de favoriser l’échange sur les risques psycho-sociaux dans l’entreprise, ING a mis en place un réseau de vigilance, composé de personnes de différents départements et de différentes hiérarchies, à l’écoute des collaborateurs qui auraient besoin de support. De son côté, CDCL a mis en place des permanences RH, qui se déplacent sur les chantiers afin de rapprocher ce département des ouvriers et de faciliter les échanges.

Enfin, si les échanges et les préventions ne suffisent pas, une thérapie est à envisager en se rendant notamment à la Médecine du travail. «Il faut faire fi de la mauvaise réputation du burn-out et se prendre en main afin de reprendre le cours normal de sa vie», explique Dr Thiry.

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